DJENDEL-LAVIGERIE MON VILLAGE

DJENDEL-LAVIGERIE  MON VILLAGE

UN PLANETARIUM FICTIF A DJENDEL

 

UN PLANETARIUM FICTIF A DJENDEL. (Partie une, 1/3)

Le grand Sud.

par  Ahmed  le bourlingueur

Des quatre coins de l’horizon au zénith, aucun obstacle ne vient perturber la vue qui s’étend sur des milliers de kilomètres à la ronde. Il suffit d’être un peu en dehors des agglomérations. Aucun arbre, aucun édifice, aucune vitrine n’attire notre attention. Aucun nuage dans le ciel. Une grande immensité. Voilà ce qui frappe le premier visiteur en se trouvant dans le grand Sud. Couché sur du sable doré, les yeux au ciel, personne n’a eu idée que cette image du firmament nous arrive après des années-lumière. La plus proche étoile, sa lumière nous arrive après 45 ans de voyage dans l’espace affirment les astronomes. Une immensité qui montre la grandeur réelle de notre Dieu tout-puissant. On sent la Présence divine quand on conjugue l’immensité du lieu et celle du ciel la nuit. L’homme devient, dans cette observation, le grain de sable juste comme celui qui nous entoure. Dans la clarté ambiante du jour, la grandeur du paysage s’associe la nuit avec celle de l’espace pour témoigner de la réalité divine et la confirmer. Pour apprécier l’un il faut que la nature dissimule l’autre. La nuit donc pour le ciel et le désert le jour. C’est dans un décor pareil que toutes les religions sont apparues. Nulle part ailleurs, la présence divine n’est aussi ressentie avec une aussi vive intensité que dans le Sud. d'Adam, en passant par Noé, Moïse, Jésus à Mohammed (Bénédiction et salut sur eux tous) n’ont-ils pas eu leur message dans un désert ?
Travailler au Sud, c’est le rendez-vous, la nuit, avec les étoiles. Autour du thé quotidien typiquement saharien, on est obligé de parler car sa triple cuisson lente appelle à inventer et à créer la discussion. Tout sujet est bon à débattre et on y contribue chacun avec son grain de sel. Qui n’est pas fasciné par la contemplation de ce ciel étoilé ? Il n’y a pas un jour où il n’ouvre pas le débat. Son immensité nous subjugue et tient nos têtes longtemps levées hautes, scrutant chaque recoin, posant mille questions. On reste des heures naviguant parmi les étoiles qui scintillent de tous leurs feux. La discussion, donc, tourne, pour un bon moment, autour de cette voûte noire et chacun va de ses connaissances d’aspect mythologique ou cosmologique quand l’assemblée contient quelques érudits en la matière. La plus belle chose que nous puissions éprouver, c’est le mystère des choses, disait Albert Einstein. Et Dieu seul sait combien de mystères cache chaque étoile, chaque astre. De mon côté, l’observation nocturne me procure une petite activité d’amateur. Étant abonné à une revue scientifique qui vulgarise ce genre de connaissances, la voûte est mon champ d’application et après minuit, après l’extinction des feux, où loin des lueurs des feux du camp, perturbateur de l’observation, je suis pris par mes séances de scruter ce dôme criblé de trous à travers desquels on aperçoit cette lumière de l’autre côté. C’est une impression que j’ai bêtement sans y croire. Et chacun va de ses fantasmes. 
Mes activités simples mais d’une grande importance pour moi, sans programme, sans outils, plutôt profitant de cette importunité qui se présente, je cherche dans ce créneau qui me passionne. Qui cherche trouve, me rassure un vieil adage de chez nous. Alors je fonce en essayant d’avoir un peu d’ordre dans mes activités et un objectif bien déterminé dans le moment. J’avais suivi, durant plusieurs jours la planète Mars pendant son apparition dans le ciel, très remarquable par sa couleur rouge. Je n’avais pas pu mettre un nom sur une planète mais je l’avais suivie sur plusieurs jours en traçant étape par étape son trajet parmi les étoiles oubliant de préciser les constellations. C’est ainsi quand on n’est pas encadré. C’est le risque de l’amateurisme. L’espoir de « découvrir » une nouvelle planète et lui donner un nom algérien : « Djendel » s’envola donc. Je n’étais pas dans la ferveur de trouver la nouveauté mais je redécouvre. Découvrir et pourquoi pas ? Mais je en vous prie, pourquoi pas ? Mais riez donc ! Vénus ne m’a pas échappé, cette étoile du Berger. J’ai observé la plupart des constellations de notre hémisphère, en recomposant leur forme selon le schéma de ma revue. J’ai pu m’habituer à reconnaître Cassiopée en forme de w, l’Orion de forme de sept inversé ou le chiffre hindou six. La voie lactée n’est autre que notre galaxie vue de son intérieur. Difficile à faire admettre pour certains. Je me force à voir les ours mais je n’arrive pas mais en tant que chariots si. Dragon, Hercule, je les forme à l’aide de mon dictionnaire mais après quelques jours je n’arrive plus à les recomposer de tête. On ne se lasse pas d’observer le ciel nocturne mais aller dans son fond est aussi intéressant. Comme le ciel du Sud ne connaît que trop rarement de nuages alors j’avais apporté avec moi une lunette astronomique pour amateur, plutôt un jouet pour enfant coûtant pourtant cher, et avec, j’avais visionné, quand même, sur plusieurs jours la planète Jupiter et ses satellites. Impossible de déterminer ses satellites Io, Europe, Ganymède ou Callisto. A peine que je distingue une légère différence dans leurs tailles Un vrai régal. A peine un millimètre de dimension apparente, à peine perceptible, mais je distinguais, quand même, ses nombreux satellites. A chaque séance, je les retrouve dans une position différente. Pour moi, c’est une découverte, une prouesse. Eurêka ! Dans cette immensité je suis arrivé à voir un mouvement des astres comme je ne l’ai jamais fait. Une émotion que je partage avec Fârâbî et Galilée, sans oublier Hubert Reeves, astrologue et vulgarisateur français. Toujours présent dans mon esprit. C’était d’autant plus merveilleux que c’était une perspective à portée de main mais sans lunette, on est comme assis assoiffé à côté d’un puits sans moyen pour y puiser. La Lune, je l’avais vue avec beaucoup d’attention, longuement sans me lasser, si ce n’est qu’il fallait dormir pour être dispos pour le travail. J’ai pu observer sa surface de plus près, parsemées de montagnes, de vallées, de cratères et de falaises. J’avais regretté de ne pas savoir l’emplacement de l’alunissage d’Apollo XII et d’autres satellites. Non pour voir le premier pas humain sur la Lune mais la région où avait évolué Neil Armstrong. Monsieur Brasfort, je conserve jusqu’à ce jour les photos de ton alunissage, notre alunissage. 
De jour, j’avais suivi l’ombre d’un piquet du matin au soir pour observer le déplacement du lever ou coucher du soleil dans l’horizon. Dans chaque bivouac et dès le premier jour, je trace, en son centre, de nuit, une traînée rectiligne de pierres montrant la direction du Nord par l’intermédiaire de l’étoile polaire. Juste pour le plaisir de tracer le Nord en n’utilisant pas la boussole qui est un outil clé dans mon métier de géologue après le marteau bien sûr. Une enseigne naturelle montrant le Nord. Durant mon séjour dans l’immensité rocailleuse et sableuse, des essais simples, j’en ai beaucoup fait. Et c’est un plaisir que de les refaire.
Un certain novembre 2005, après minuit, ce fut un vrai feu d’artifice auquel j’ai assisté, j’ai fait carrément mon lit sur le haut d’un camion frigorifique pour ne rien laisser échapper jusqu’à  m’endormir. Une multitude d’étoiles filantes se faisait par intervalles de 5 à 10 secondes. Il y a de petites et puis de grandes traînées de feu spectaculaires. Un vrai bombardement sur notre atmosphère. On dirait une guerre des étoiles qui s’est déclenchée entre Martiens et terriens. Sur le moment, je n’avais pas compris ce phénomène jusqu’au jour où dans un quotidien national, on expliquait que la Terre était entrée dans la zone du passage de la comète de « Halley » qu’on avait vue dans le ciel diurne sur plusieurs jours. Est-ce une coïncidence pour que ce spectacle « pyrotechnique céleste » ait lieu, alors que nous bivouaquions, cette même nuit, dans un coin avec une toponymie qui avait choqué les esprits superstitieux de plus d’un : Galb El-Djenoun ? Un Galb est une relique qu’a laissée l’érosion en forme de dôme. La forme de dôme est une particularité de cette région de Tindouf appelée à juste raison les Eglab. Lire {lézéglab} Pluriel de je ne sais quelle grammaire de galb. Je n’étais pas au rendez-vous les novembres suivants. Une planète contrairement à une étoile ne scintille pas. J’avais lu jadis, dans un journal illustré, qu’on pouvait voir les étoiles de jour pour peu qu’on soit à une haute altitude. Le Zaccar m’attire juste pour pouvoir concrétiser cette remarque. De quelle montagne de chez nous pourrait-on voir alors les étoiles de jour ? Peut-on voir un satellite artificiel de la terre la nuit ? On observait souvent des points brillant circulant à grande vitesse dans le ciel étoilé. Il devrait être énorme alors ou bien ils sont à basse altitude.



19/12/2014
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